Les héros quittèrent Paru et cinglèrent vers le Nord. Il leur fallut plus de trois mois pour atteindre Clyster. Cette navigation côtière fut sans encombre (pas de pirates, ni de monstres marins). Ils croisèrent un galion lourdement armé qui n'osa les prendre en chasse et essuyèrent un grain dans le Glaive avant d'arriver dans l'estuaire fangeux qui leur ouvrait les routes de l'Albonie. Un retour au bercail pour des combattants qui avaient affronté bien des périls !

             Sur le chemin de Clyster à Aldred, deux Trolls tentèrent de leur dérober un cheval. Il s'agissait d'un puissant destrier et Bjorn et Bolg purent abattre les créatures rapidement. Elles n'étaient plus de taille face à de si formidables guerriers. La monture fut sauvée. Ils arrivèrent au Fief et furent accueillis par une centaine de chevaliers sur la défensive. La piétaille courait en tous sens et les archers tentaient de trouver des positions avantageuses mais nul ne souhaitait engager le combat face à une troupe composée de guerriers, de chevaliers, d'Orcs, de Centaures, de Nains, et qui comptait également un griffon et un dragon. Le Duc de Montombre parlementa et ils furent rejoints par Jan de Olt et ses chevaliers. La trêve fut acceptée.

            Tout le monde fut reçu dans le grand hall du château. Jan de Olt, Grand Maître de l'Ordre des Chevaliers de la Lance, ne pouvait ni se marier, ni posséder de fief. Son fils était considéré comme un bâtard par les seigneurs albons qui tentaient d'épouser Ociana de Aldred depuis tant d'années et tant de guerres pour la posséder. Montombre était exsangue et ne pouvait plus lutter. Il avoua qu'un mal obscur avait surgit en ses terres. Il accepterait de l'or et de l'aide avant de reconnaître le jeune Baron.

            Alors que l'accord était sur le point d'être conclu, une forme apparut derrière Jan. Un assassin fantomatique tenta de lui ouvrir la gorge mais le chevalier para, riposta, tranchant une main, puis une tête. L'intrus explosa en une myriade de serpents qui se répandirent dans la salle. Montombre fut mordu et l'héritier de Aldred également. Heureusement, les héros disposaient d'antidotes et tout le monde put être sauvé. Les discussions se prolongèrent tard dans la nuit. Bolg et Bjorn allaient accompagner Montombre dans le Sud.

            Le voyage fut paisible : ménestrels et paysans ; Bolg abattit un sanglier. La troupe ne fut pas inquiétée avant de rejoindre Montombre. Le château portait bien son nom. Il était bâti sur un pic de pierre noire au-dessus d'une falaise battue par les vagues, envahi de courants d'air. Les héros étaient néanmoins déterminés à accomplir leur mission et ils s'enfoncèrent dans la forêt « maudite » dès le lendemain. Sa réputation n'était pas usurpée : arbres noueux, végétation dense, racines, ronces, obscurité et atmosphère oppressante. Ils s'organisèrent pour leur première nuit dans ces bois.

            Après minuit, le feu s'éteignit, comme soufflé par une force maléfique. Kark avait vu quelque chose. Puis, Bjorn la vit aussi. Et ils furent tous debout pour l'affronter. Et le combat dura jusqu'à l'aube. Une aide inattendue, et le soleil, y mirent fin. Swaldo, un franc ranger local les avait appuyé de ses flèches enflammées et le démon avait dû regagner le « Cœur » au lever du jour, guère blessé, mais les héros non plus. Le combat avait duré plus de six heures. Ils étaient tous convaincus de n'avoir jamais fait face à un adversaire aussi fabuleux.

            Après repos, soins, et jugé de leurs erreurs tactiques, Swaldo les invita à le suivre jusqu'au repaire du Démon. D'antiques bâtisses usées par les ans abritaient des sarcophages à l'entrée de ce qui semblait être une crypte immense. A la tombée du jour, des vampires les assaillirent mais le combat leur sembla facile cette fois-ci, malgré leur fatigue. Ils avaient conscience qu'une longue quête les attendait pour retrouver le Maître. Ils connaissaient son nom désormais : Khernthanos, démon des forêts et proche frère de Balor. Les portes de son domaine étaient ouvertes et de nombreux cadavres gisaient déjà sur le sol.